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« Cloud Computing », travail collaboratif, big data, Internet des objets, smart grids… Ces innovations liées à l’explosion des technologies numériques vont modifier en profondeur le secteur du bâtiment et des travaux publics. Pendant l’été, LeMoniteur.fr vous propose un feuilleton faisant le tour d’horizon de ces technologies. Aujourd’hui : les frontières numériques entre les ouvrages, modélisés par des outils de maquette numérique (BIM), et leur environnement extérieur, contenu dans les systèmes d’information géographique (SIG), s’estompent. BIM et SIG devraient d’ici peu fusionner en un seul outil.

Nés dans les années soixante, les systèmes d’information géographique (SIG) sont des outils informatiques utilisés pour la création de cartes géographiques et l’analyse spatiale. « Contrairement au BIM (building information modeling), qui rassemble toute sorte d’informations relatives à un ouvrage sur la totalité de son cycle de vie (conception, construction, exploitation), le SIG n’a, au départ, pas de vocation technique », rappelle Laurent Leibovici, responsable compte BTP et transport chez Esri France, éditeur de logiciels SIG. Son rôle – et tout son intérêt – est plutôt de réaliser une fusion entre la cartographie, l’analyse statistique et l’exploitation de base de données. Différents par nature, le BIM et le SIG sont en fait complémentaires. Car si le rôle du BIM s’arrête à l’enveloppe de l’ouvrage, c’est là que celui du SIG commence. Ensemble, le BIM et le SIG permettent d’aller sans discontinuité de l’intérieur d’un bâtiment jusqu’à son environnement extérieur. Se pose alors la question de savoir quel outil, du BIM ou du SIG, va permettre de vérifier les conditions d’accessibilité d’un bâtiment ; ou encore de s’assurer que les réseaux d’un bâtiment sont bien positionnés pour le raccordement avec ceux de distribution extérieurs. « La connexion d’un bâtiment intelligent à la ville intelligente imposera la fusion de ces deux outils », assure Christophe Castaing, d’Egis International, qui prévoit que les frontières devraient s’effacer « d’ici 5 à 10 ans ».

 

De l’intérêt de l’interopérabilté

 

Il faut dire que les deux systèmes d’informations ont de quoi s’inspirer mutuellement. Du fait de son antériorité, l’environnement du système d’information des SIG tiendrait même lieu de modèle pour le BIM : les modèles de données conceptuels des SIG, comme les objets, les attributs et les métadonnées, sont ceux que l’on veut appliquer aujourd’hui au BIM. Et Christophe Castaing de citer l’exemple de la gestion technique des bâtiments, dont les applicatifs sont de type SIG plutôt que de type modeleur.

Cette fusion, dans un seul système d’information, ne pourra toutefois être établie qu’à partir du moment où les problématiques d’interopérabilité entre les solutions SIG et BIM seront résolues. Un sujet d’autant plus complexe que l’interopérabilité entre les solutions BIM elles-mêmes n’est pas encore acquise. Pour le moment, les éditeurs de logiciels pour le BIM ne font pas – ou peu – de SIG et vice versa. Pour Ch. Castaing, la fusion se fera à travers « des outils unifiés par des portails web qui réaliseront l’assemblage ». Davantage que dans le bâtiment, « c’est dans les infrastructures linéaires, où l’environnement dans lequel s’intègre le projet génère beaucoup plus d’informations que le projet lui-même », que les problématiques SIG et BIM tendent à s’entremêler, poursuit Ch. Castaing. Dans les sujets portés par le Projet National Minnd (Modélisation des informations interopérables pour les infrastructures durables, voir « Le Moniteur » du 29 mars 2013, p. 41), qui vise à développer une méthodologie et des spécifications pour modéliser les ouvrages de travaux publics, via notamment la définition d’un format neutre d’échange des données « infrastructures » comme il en existe pour le bâtiment (format IFC), ces problématiques sont engagées de manière continue. Considéré comme un projet phare par la FNTP, Minnd, porté par l’Irex et piloté par Bouygues Construction et Egis, rassemble près de 60 partenaires. Son lancement officiel a été donné fin mars 2014 pour une durée de quatre ans. Le projet dispose d’un budget de 4 millions d’euros HT.

Visualisation de la façon dont un logiciel de modélisation urbaine peut simuler dans le temps l’impact de la création d’un nouveau quartier sur différents indicateurs sur : goo.gl/bq6vQZ

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